Encore un peu de patience...

Encore un peu de patience...
Ce blog est en cours de construction, je le débuterais dans le courant des vacances d'été et du mois d'aout en particulier.

Néanmoins, quelques articles seront postés régulierement.

En attendant, n'hésitez pas à me communiquer vos idées ou autres. Vos impressions sur les livres de Sire Cedric ou sur l'auteur en général.

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Sabrya Von Krakenhauer.
# Posté le jeudi 22 mai 2008 05:38
Modifié le mercredi 28 mai 2008 05:34

Petite dissertation préliminaire sur la poésie et la prose...

Petite dissertation préliminaire sur la poésie et la prose...
Longtemps j'ai pensé que la poésie était la représentation de l'écriture sous sa forme la plus pure. Le doux son régulier d'un alexandrin, la structure codifiée et la silhouette quasi-parfaite d'un sonnet. Tenez, asseyez-vous à l'ombre d'un grand arbre, fermez les yeux, confiez votre âme à ce qui vous entoure, devenez l'enfant de la nature, abandonnez-vous, à la manière du Dormeur Du Val de Rimbaud. Maintenant, à présent que vous avez tranquillement communié avec vous-même, prenez un recueil de poésie, lisez à haute voix un sonnet, ne faites pas attention au sens des mots, remarquez seulement le flot d'intonations qui sort de votre bouche. Le regard dans le vague, à qui pensez-vous ? Moi je vois, j'entends le doux murmure, le chant de l'eau d'un ruisseau. L'onde qui coule tantôt avec douceur, tantôt avec fracas, cette même eau qui heurte les rochers de la rive tantôt caressante, tantôt blessante.
Mais plus que la force du son, la poésie emploie avec brio la force du verbe, la force du mot. Dans quel but que ce soit. Victor Hugo ne dénonce-t-il pas Napoléon III dans de magnifiques poésies toutes rassemblées dans Les Châtiments ? De plus, le poète s'emploie à manier les sens et les contresens en jeux de mots infernaux et parfois difficilement saisissables. Lisez un peu Jacques Prévert et vous comprendrez de quoi je parle. Parfois, il m'arrive de me représenter la poésie comme un enfant introverti, replié sur lui-même, couché dans un coin obscur de sa chambre. Un enfant qu'il faudrait apprendre à connaître afin qu'il se dévoile. La poésie me paraît ainsi. Certains textes possèdent en effet un visage extérieur, qu'il faut dépasser pour découvrir les véritables enjeux du texte. Avant l'expression « lire entre les lignes » m'était étrangère, aujourd'hui je la comprends.
Ainsi donc, j'ai longtemps pensé que la poésie était la représentation de l'écriture sous sa forme la plus épurée. A présent cette phrase est au passé, j'avoue m'être trompée. J'ai fermé mon petit livre à l'ombre de cet arbre, j'ai rouvert les yeux et j'affirme que les auteurs de récits narratifs en prose sont indéniablement de grands artistes. Prenez pour exemple Flaubert qui à réussi à introduire dans ses textes une structure précise et chantante à la manière des vers. Chose que Flaubert s'appliquait à faire avec minutie, de façon presque maniaque, il aimait à dire que chaque mot était « passé au gueuloir »le fait de clamer à haute voix son verbe permettait de faire ressortir ce murmure, la chant de cette rivière, une nouvelle rivière qui a pour moi fait office de nouvelle conquête, mais au fond, qu'a-t-elle de si différent par rapport à l'autre rivière, celle de la poésie ?
De même les auteurs de textes en prose usent de leurs plumes pour condamner. Lisez Candide de Voltaire ou Les Misérables de Victor Hugo et osez dire que leurs mots, leurs phrases, sont moins forts, fatales et dénonciatrices que les vers des poètes. Enfin, on remarque aussi beaucoup le e phénomène de « double visage » chez les textes en prose, je pense par exemple à La Morte Amoureuse de Théophile Gautier qui use de la relation amoureuse entre un jeune prêtre et une vampire pour nous faire disserter sur la religion.
Tout cela pour dire que Sire Cédric, avec ses romans et nouvelles a été du rang de ces auteurs, qui m'ont fait apprécier la littérature en prose, et je pense que ce n'est pas un mince hommage que de le dire.

Sabrya Von Krakenhauer.

# Posté le samedi 24 mai 2008 09:32
Modifié le mercredi 28 mai 2008 05:34

Angemort ou l'action dans l'image...

Angemort ou l'action dans l'image...
Puisque nous parlions des images que faisaient naître dans l'esprit les mots, leurs sons ou leurs sens, allons jusqu'au bout. J'ai longtemps parcouru les critiques au sujet d'Angemort, le roman de Sire Cédric, une chose m'a frappée, toutes parlent d'Angemort comme un livre truffé de scènes d'action, certaines allant même jusqu'à le décrire comme un livre d'action à proprement parler. Même "Nuit d'Avril", l'édition des livres de Sire Cédric décrivent ce roman comme un livre, je cite: "horreur et aventures". Je décide donc de partir à l'assaut du site officiel de Sire Cédric où je découvre quelques commentaires de presse disant "qu'une fois commencé, il est difficile de s'arrêter". Quelques clicks plus tard je remarque également que Sire Cédric lui-même présente sont livre comme un livre dans lequel les scènes d'actions ont été mises en avant. Je me rend compte ensuite que l'auteur a également édifié une bande d'annonce de son livre. Tiens donc, nouveau ça... Je retiens ma main sur la souris et m'applique à réfléchir et imaginer un instant ce que cette bande d'annonce pouvait bien contenir. Indéniablement, je pense à ces bandes d'annonces cinématographiques de films d'action explosives. Je daigne enfin ouvrir la page...Effectivement, cette bande d'annonce était explosive, c'est le moins qu'on puisse en dire, des images crues défilaient: le corps d'une poupée nue, la couverture d'Angemort ou encore un corps dans une pièce qui semble être une église puisque des vitraux sont visibles; et toutes ces images intercalées à intervalle régulier par de petites phrases courtes et évocatrices écrites sur fond noir. Couplez cela avec une bande son pure et dure (et qui pourquoi pas évoquerait quelque peu les sonorités d'Angelizer) et vous obtiendrez la bande d'annonce d'Angemort. Après cela, imaginez-vous l'état de ma curiosité piquée au vif. En effet, des questions me taraudent. Qu'est-ce que l'action? Et comment serait-elle représentée dans Angemort? Et enfin pourquoi et dans quel but? Bien moins de 24 heures plus tard, le livre lu entre les mains et le regard dans le vague, je me surprend à rêver. J'avais répondu à mes trois questions. je comprend maintenant que l'auteur ait voulu mettre en ligne cette bande d'annonce dont j'ai parlé plus haut. C'est vrai, on aurait pu se poser la question, pourquoi pour Angemort et pas pour Déchirures ou encore Dreamworld? Et bien je vais vous expliquer comment j'explique cela. Ce qui m'a surprise dans ce livre c'est tout d'abord la déferlante d'images qui traversent ma tête à chanque nouvelle phrase, nouveau paragraphe. J'ai lu ce livre comme on regarde un film, chaque péripéties illuminait un écran imaginaire dans ma tête. J'ai donc trouvé l'idée de présenter Angemort dans le cadre d'une bande d'annonce extrêmement fine et intelligente. Peut-être était-ce donc cela l'action? Un enchaînement de péripéties incessant, provoquant dans l'esprit du lecteur un succession d'images. De telle manière qu'impossible de lâcher l'ouvrage une fois passée la première page. Nous avons ainsi clairement répondu au quoi, au pourquoi et au comment.

Sabrya von Krakenhauer.
# Posté le lundi 26 mai 2008 10:08
Modifié le vendredi 30 mai 2008 10:12

Les personnages d'Angemort.

Les personnages d'Angemort.
Mais Angemort, ce n'est pas seulement cela, c'est aussi des personnages peu communs, aux pulsions parfois si inhumaines mais qui pourtant présentant un fond d'humanité. Des personnages que la société a exclus ou qui ont exclu la société de leurs quotidiens, qui vivent avec leurs propres espoirs et leurs propres rêves. De ce que j'en dis, on pourrait croire ces personnages impropres à l'identification de lecteur. Erreur. Ce n'était pas là où je voulais en venir. En réalité, on retrouve chez eux beaucoup de stéréotypes de comportements que je qualifierais d'humains, comme par exemple : la soif de pouvoir, vouloir tout connaître et cerner, y compris la mort, la peur de voir son souvenir s'effacer dans les mémoires, avec le temps, la peur de l'inconnu, tout cela s'incarne à merveille dans le personnage de Maddalena, la nécromancienne qui représente également l'individu qui n'hésite pas à bafouer tous ses principes et morales pour parvenir à ses fins. Cheverny lui, m'inspire un être retranché dans son propre monde, reniant tout port d'attache au « monde réel » et plus encore, tout rapport humain : en effet, il affirme avoir vécu les meilleurs moments avec une femme lorsqu'il faisait l'amour à Jad, alors qu'elle était inconsciente et par conséquent, non réceptive, allant jusqu'à s'imaginer s'unir avec un double de lui-même pendant ces ébats. Ainsi la solitude ne le gêne pas. Les morts sont plus lui meilleurs cohabitants que les gens, autrement plus vivants. Cheverny ne vit que pour ses objets organiques qu'il collectionne au fond de ses catacombes. Pour repousser encore les « limite » des comportements humains, il apparaît dans Angemort un homme bête, ni vivant, ni mort, quasi-chimérique. Bien que ce ne soit pas un personnage très attrayant, au point de vue du relationnel, je parle en effet de Joyeux, être qui ne vit qu'à travers sa mère jusqu'à adorer ses excréments en lesquels il ressent la présence maternelle, attitude que l'on pourrait qualifier, relevant du fétichisme. N'oublions pas le contexte particulier de la naissance de Joyeux, il est issu de plusieurs générations de consanguins, son père étant un fils de Maddalena également. On pourrait s'avancer jusqu'à dire que la totalité de ses attitudes et comportements relèvent du registre comportemental de l'animal. Presque par opposition, on retrouve, tout au long du récit, une « présence » que l'on pourrait qualifier de personnage à part entière. Elle représente pour moi tout ce qui est parfait, pur mais à la fois naïf, enfantin et vierge de toute pensée mauvaises. Quelqu'un qu'on aurait passé du paradis végétal à l'univers impitoyable de l'animal à l'image d'Adan, il d'agit en effet de l'Ange. Ce livre est également peuplé de créatures plus ou moins « peu recommandables »comme le qualifie Sire Cédric non sans une pointe d'humour. On retrouve les élémentaires (Sylphes, Salamandres, Gnomes et Ondins) qui sont le plus souvent des Salamandres utilisées par la nécromancienne. Il y a présence aussi d'âmes damnées ou fragmentées telles que les résidus ou encore les ombres (qui sont les âmes des propres enfants de Maddalena). Des feux follets qui font office de chiens de garde (et oui, chez Sire Cédric, l'imagination est toujours très fertile...). Et enfin, tout en haut de l'échelle, personnifiés en la « personne » d'Asiel, éphèbe, de par son visage vierge de tout défaut et d'une beauté éblouissante, de part son « hyper-masculinité » également (en effet, il dispose de 3 sexes masculins), il est caractérisé par sa chevelure blanche, qui ne va pas sans rappeler celle d'Elric de Melniboné et son manteau confectionné de peau humaine noire. Je ne m'attarderais pas sur ce personnage là, car il est très énigmatique et difficilement saisissable. A certain moments, on a l'impression qu'il se joue des comportements humains, il est tellement au-dessus, qu'il regarde cela comme un film (notamment avec Maddalena) il est relativement peu sollicité, mais quand il l'est, son apparition reste marquante. Reste à parler de l' « héroïne » Jad. Elle peut se rapprocher de Cheverny dans le sens qu'elle aussi est seule. Sa mère étant morte et étant brouillée avec son père, dont elle a été libérée de l'emprise par Cheverny, en conséquence de quoi elle lui a promis s'être toujours avec lui sans jamais le quitter. Mais ce n'est pas cela qui fait de Jad u personnage si particulier. Elle possède un don de voyance descendant selon toute vraisemblance d'une grande famille de médiums. Elle vit donc dans les catacombes en compagnie de Cheverny, gérant une boutique de livres anciens, qui jouent pour elle le rôle d'amis, à la manière des cadavres collectionnés par son cohabitant. Livres qui se révéleront au fil du livre, comme de véritables alliés...Mais cela, nous le verrons plus tard.


En tout cas si vous avez quelque chose à ajouter sur les personnages, la discussion est ouverte.

Sabrya Von Krakenhauer.

# Posté le lundi 26 mai 2008 13:24
Modifié le vendredi 30 mai 2008 10:14

L'Essor philosophique d'Angemort.

L'Essor philosophique d'Angemort.
Cet article, sera consacré à l'analyse des pistes philosophiques présentes dans Angemort. En effet, ce livre est truffé d'images, souvent paradoxales qui portent à réflexion. Pour en citer quelques unes, nous avons les livres qui sont vivants, pourquoi pas... Un livre c'est une part d'histoire, de patrimoine et à partir de là, peut être considéré comme une part de VIE.
Puisque je parlais plus haut d'images paradoxales, toujours concernant les livres, nous avons plus loin une scène assez étrange. Déjà au début du livre, les livres étaient de véritables compagnons, voire amis pour Jad, mais ils demeuraient tout de même des « choses », des objets, non dotés d'une mobilité propre. Cependant, plus en aval dans le livre, on les retrouves cette fois-ci, purement et simplement vivants. Mais plus que vivants puisque possesseurs d'une conscience propre. On pourrait d'ailleurs presque parler de libre-arbitre. Ils décident d'aider Jad dans la bataille qui fait rage pour la possession de la peau de l'Ange. Ils n'hésitent pas à embusquer les ennemis, bloquer leur progression dans les rayonnages voire même, les tuer en les étouffant de leurs pages. Là est le paradoxe. Les livres, donc le savoir, donc l'histoire, donc le patrimoine et donc la vie...tuent. Mais on pourrait encore interpréter cette scène d'une autre façon. Peut-être qu'ainsi, l'auteur voulait insister sur le fait que la lecture, le savoir et la connaissance, lorsqu'on les possédaient, permettaient d'affronter les ennemis qui représentent les problèmes de la vie, avec des alliés, qui sont toutes les choses que l'on a apprises avec la lecture. Et que donc le savoir rend plus fort, que celui qui sait, a plus de poids face à celui qui ne sait pas. Mais là ne sont pas les seules pistes de réflexion, quasiment à la fin du livre, on trouve un « exposition » de statues en plein air. Jusque là, hormis le fait que cette exposition soit en plein air, rien de bien spécial. Cependant, ces statues ne sont pas « habituelles », on pourrait dire qu'elles représentent la souffrance... Certaines sont éventrées, regardant leurs tripes sortir de leurs intérieurs pour se répandre sur le sol, d'autres encore présentent des amputations, sont égorgées...etc. De plus, il semblerait, que chaque âge, soit statufié dans une position d'extrême souffrance. Tous sont représentés. La piste ici porterais donc sur l'art, le beau et le moins beau, voire même sur la fonction de l'art. Doit-on ne représenter QUE le beau et le bonheur dans le but d'aboutir à quelque chose « d'agréable à regarder » ? L'art aurait donc pour fonction de matérialiser le beau, ce qui est éphémère. L'art ayant également la fonction de dénoncer, de montrer : la souffrance, la tristesse, la mélancolie. Les plus grandes batailles ne sont-elles pas représentées en toiles, dessins ou encore sculptures et poèmes ? L'art permettra donc aussi le souvenir. Et le souvenir et parfois si proche du remords... Et puis au final, la souffrance serait-elle belle ? Pour qui ? Pourquoi ?
Enfin, la dernière image que j'ai relevée est, elle, plus facilement saisissable. Et est pour moi, l'une des plus évocatrices. Angemort comporte bon nombre de scènes érotiques et notamment avec des créatures plus ou moins démoniaques, élémentaires ou encore démons (voir article sur les personnages). Dans chacune d'elle, le sperme, la semence mâle s'avère destructrice. Exemple : Les traces de brûlures sur le corps de Maddalena et la tête de l'ange qui s'est désintégrée suite à une éjaculation d'Asiel, suite à sont viol. On a donc bien ici une opposition mort/vie. On pourrait finalement se demander s'il n'y a pas cette opposition là tout au long du livre...

Enfin, si vous avez d'autres idées qui vous tiennent à c½ur n'hésitez pas à compléter l'article !

Sabrya Von Krakenhauer.
# Posté le mercredi 28 mai 2008 05:32
Modifié le jeudi 29 mai 2008 11:33