Critique d'un lecteur concernant l'article sur la couverture de Dreamworld.

Le Lecteur:


Bonjour,
je passais sur ton blog par hasard et en lisant cet article, plusieurs questions me sont venues à l'esprit.
Tout d'abord, en ce qui concerne la couverture d'Andy Julia, je ne vois pas en quoi elle est "un rien érotique" comme tu le dis dans ta critique. Il faudrait un peu plus t'expliquer la dessus car je ne vois pas en quoi un visage poudré de blanc avec des lèvres au ton rose fushia relèvent d'un caractère érotique. De plus, ce n'est pas parce qu'un léger filet de sang perle du coin de sa lèvre que tout de suite cette juene fille peut être qualifiée de vampire. Je trouve la conclusion un peu trop facile mais à chacun ses interprétations.

Ensuite, j'aurai sincérement espéré que tu nous dises un peu plus ce que tu as pensé de ce troisième ouvrage de Sire Cédric. Personnellement, j'ai lu Angemort, Déchirures et Dreamworld ( dans cet ordre là ) et j'affirme avoir bel et bien été déçue par ce dernier recueil de nouvelles. Franchement, je trouve que l'auteur a pris la grosse tête et a viré droit à la modestie. Certes, c'est inévitable de parler de soi, que ce soit implicite ou bien explicite, dans ses écrits mais là, je le trouve d'un orgueil gonflé qui m'a vite lassé de sa si jolie plume. Car il faut bien reconnaitre que le style de cet écrivain est vraiment remarquable. J'aime beaucoup cette touche de poésie qui se mêle si bien à ses histoires empreintes d'horreur.
Mise à part "Cross Road", " Sangdragon" et " Cauchemars" je crois que c'est comme cela que s'intitule la nouvelle avec le petit garçon qui peint la nuit les cauchemars qui le tourmentent, je peux dire que les autres nouvelles m'ont glacées le sang tant l'histoire fut dénuée de sens. Les pires de toutes sont sûrement "Muse" et "Requiem". Vraiment, ces nouvelles m'ont dérouté à un point...!
J'aimerais savoir ce que "Muse" a pour plaire au public. Qu'on me l'explique, peut être ai-je mal compris ce dont il s'agissait? Mais le délir du poète maudit qui rencontre sa muse dans le cimetière et qui la rejoint pour lécher son anneau au clitoris tous les soirs, sans compter que celle ci est déjà mariée et ne peut se mettre en ménage avec cet homme qui hurle sa douleur à la lune, je trouve cela d'un pathétique effroyable. Je vais peut être loin dans la critique, mais le Mal du sicèle est passé, c'était il y a de cela, 3 siècles...
Et puis quel décor superbe qu'est le cimetière ?! Et quelle fin splendide vraiment, une balle dans la tête sous les yeux de sa dulciné était la fin parfaite pour fruster un lecteur qui a tant aimé Angemort ou bien Déchirures.
Que s'est-il passé? Pourquoi les histoires originales et mystérieuses, qui se cramponnaient à nos estomacs et ne relachaient leurs étreintes qu'une fois la faim achevée, pourquoi ses histoires qui m'ont tant émerveillées tombent dans un chaos de sexe, de sang et de débauche?
J'apprécierai toujours autant Angemort et le sublime recueil de nouvelles qu'est Déchirures, mais après avoir lu Dreamworld, je me méfierai de ce jeune écrivain qui ne cesse de faire ressortir son petit nombril dans un cadre plus macabre, plus érotique que jamais!

Maintenant, il aurait été intéressant d'avoir ton avis là dessus car toute critique est bonne à lire, je pense.

Réponse:

Salut merci du fond du coeur pour tes appréciations. Pour la couverture d'Andy Julia, l'érotique est par induction, il est dans le sang qui coulent des lèvres de la jeune femme, il est dans son regard direct, il est dans ses lèvres colorées à outrance et dans son tein blanc. Cet ensemble fait de cette photo une photo érotique. Du moins je l'ai percu comme telle. Pour la question du vampire, on ne peut pas réellement parler de conclusion trop facile. Cela se rejoint avec l'érotisme, cette couverture est pour moi un miracle de suggestions.
Si tu as d'autres interprétations, je n'hésiterais pas à compléter l'article en citant ta contribution.

En attendant, je n'ai pas fini ce blog comme tu peux le deviner et je travaille en ce moment sur Cross-Road, l'article est en cours d'écriture. Mais bien sur, tu auras mon avis pllus en détail sur Dreamworld et comment j'ai perçu le changement de style de l'auteur.


Sabrya Von Krakenhauer





# Posté le vendredi 11 juillet 2008 04:17

Modifié le lundi 18 août 2008 09:17

Cross-Road

Cross-Road
Cross-Road de Sire Cédric

(Note de l'auteur: /!\Attention/!\ Ici rien n'est caché des événements de Cross-Road donc pour ceux qui veulent lire la nouvelle et qui ne l'ont pas encore lue, l'abstinence est de rigueur!...).

Alors que Déchirures s'achève sur Blood-Road, Dreamworld débute avec Cross-Road.
Deux nouvelles radicalement différentes malgré le mot commun de leurs titres: « Road ».
Cross-Road ouvre avec brio Dreamworld, en effet il est question dans ce texte de magie liée l'enfance, d'enfants éternels qui refusent de grandir, qui refusent la vie telle qu'elle leur apparaît ou telle qu'on veut qu'elle leur apparaisse: dénuée de folie, dénuée de... magie.

D'autres thèmes y font également leur apparition: le rejet face à la différence lorsque Christian est qualifié de « martien » par ses camarades d'école, la culpabilité et le remord lorsque Morgan décide enfin, après tant d'années de ne plus tourner le dos au passé et va à la rencontre de Christian, de ce monde imaginaire qu'il dont il niait l'existence ou de son histoire tout simplement.

On remarque également dans cette nouvelle une allusion à la légende d'Orphée et d'Eurydice avec l'interdiction de se retourner sur la route, cette mise à l'épreuve à l'épreuve face à la curiosité de l'inconnu. Les loups au pelage blanc, déjà apparus dans Nénia, nouvelle de Déchirures, hantent une nouvelle fois l'imaginaire de Sire Cédric. Tels des créatures insondables, tantôt cruels, tantôt prévenants (cf: Nénia). Ici ils font office de gardiens, appliquant une sentence à ceux qui osent braver l'interdit.

Cross-Road c'est l'histoire d'un vieil homme ou plutôt l'histoire de ce vieil homme. Une histoire qui s'est passée lorsqu'il était enfant et qu'il n'a jamais oubliée. Lorsqu'il avait 5 ans, Morgan habitait avec ses parents dans une maison qui se situait près d'une route qui menait du village à la forêt. « Cross-Road », oui, c'est bien de cette route qu'il est question ici, une interrogation prend forme: En quoi une route peut-elle être intéressante au point de figurer dans le titre de cette nouvelle? Et bien c'est très simple (ou très compliqué selon le point de vue) cette route n'était pas comme toutes les autres routes, elle bougeait, elle était...changeante, du moins c'est ainsi que la voyait Morgan à l'âge de 5 ans. Comme tout enfant de 5 ans, il va alors confier ses craintes eux seules personnes à qui il peut offrir une entière confiance: ses parents. Comme tous parents réagiraient si leur enfant venait leur dire qu'il voyait une route bouger, les parents de Morgan lui assurent que ce qu'il voit est impossible et que c'est le reflet de sa naïveté d'enfant, qu'il fait qu'il oublie tout ça au risque d'être, comme tous les originaux, marginal. Suite à ces paroles, Morgan ne voit plus jamais la route bouger, la magie qui habitait son c½ur d'enfant l'avait déserté, du moins jusqu'au jour où il fait la rencontre de Christian. Il est un enfant solitaire qui « vit dans son monde » (comme savent si bien dire ceux qui ne comprennent pas) et subit la cruauté des autres qui ne savent réagir, pour la plupart qu'avec violence, face à la différence. Au fur et à mesure qu'ils font connaissance, ils deviennent amis, confidents. Et cela à un tel point qu'un jour, Christian pose une question « Morgan... Est-ce que tu es mon ami? Je veux dire un vrai ami? » la réponse positive de Morgan scellera à jamais leurs destins comme liés. Christian avoue à Morgan qu'il a tué son lapin Burzum par manque de soins et qu'afin que ce dernier le pardonne, il doit l'amener dans un autre monde afin qu'il soit libéré et retrouve la vie. Après une longue argumentation, Morgan se laisse convaincre malgré sa peur. Ils marchent donc jusqu'à la route, terrifiés mais quelque peu rassurés du fait que l'union fait la force. Chemin faisant, les deux enfants rencontrent une femme à la beauté si troublante que Morgan en tombe presque simultanément amoureux. Ici encore, on peu remarquer le présence prononcée de la couleur blanche (« Elle était vêtue tout de blanc »; « que d'une robe blanche presque transparente », « ses cheveux étaient blancs, comme tissés dans la neige » ou encore « ses cheveux ivoiriens »), le champ lexical de la transparence est également présent, illustré par des termes tels que « voile », « transparente »... Si l'on se refaire aux ouvrages antérieurs de Sire Cédric, sa fascination pour la couleur blanche est nette, de plus, lorsqu'elle est utilisée, c'est très souvent pour représenter quelque chose: la beauté qui si souvent s'avère dangereuse, l'évanescence, la pureté, l'irréalisme ou encore l'inconnu. Prenons exemple d'Asiel et de sa chevelure, inspirée de celle d'Elric de Melnibonné, il est diablement beau et c'est un démon; il y a aussi Mania qui se change en serpent blanc ou même les loups évoqués précédemment - beaux, dangereux et irréels - ici la couleur blanche et ses connotations s'incarne en le portrait de cette femme « pas croyable » au regard d'un brasier vert. Toujours est-il que Morgan est fasciné par cette apparition. Elle leur donne cependant des indices précieux et leur montre le chemin (et leur dit de surtout ne jamais se retourner sur leur route), ils s'en vont tandis que dans leur dos, une voiture emporte la jeune femme. Morgan est jaloux de cette personne dont il n'a entendu que la voix masculine.

Tout au long de leur périple, ils seront maintes fois traversés par la peur. Notamment lors de l'apparition des fameux loups au comportement insaisissable, tantôt souriants, tantôt vicieux (à l'image de la couleur blanche).

Lorsqu'enfin ils arrivent à destination, le lapin Burzum semble reprendre subitement vie. Christian quitte son ami et part seul dans l' « Autre Monde », faisant don à Morgan d'une curieuse sphère rougeoyante. Désormais seul, il est intrigué par une voix d'enfant dans son dos, qui s'adresse à lui, il se retourne. Et fatalement, il découvre un loup blanc qui se jette sur lui sans ménagement. Cependant la petite sphère agit en bouclier et met le loup à terre alors qu'il n'a qu'eu le temps d'administrer une morsure à l'enfant. On assiste alors à une métamorphose, (quand je vous disais que même si Dreamworld était différent, il restait néanmoins du parfait Sire Cédric) en effet, le loup se transforme en un jeune homme blanc à la voix toujours aussi enfantine.
N'y tenant plus, Morgan s'élance à tout allure sur le chemin du retour, non sans croiser quelques loups, toujours fidèles à eux-mêmes, insaisissables (« J'entendais leurs grognements, mais aussi, pour certains, leurs sourires approbateurs »). Puis lorsque Morgan arrive, cassé par la fatigue et la foule d'émotion qui l'a traversé durant cette nuit, il s'évanouit, pour se réveiller à l'hôpital près de sa famille quelques heures plus tard.
Ici le glas de la réalité sonne fort à ses petites oreilles enchantées, il fait la rencontre d'un psychologue aux allures sympathiques qui suffisent à le convaincre de tout lui raconter. Or, ce dernier n'étant ni un enfant, ni un poète, ni un fou, ni un suicidé et ni un amoureux désespéré, il ne le croit pas et se contente se réciter sa litanie selon laquelle tout cela est bien impossible, que ça n'existe que dans les rêves. Suit ensuite une jolie phrase toute en antithèses: « Et le gentil psychologue, à son tour, avec sa voix douce qui cachait le rasoir de la raison, a tranché quelque chose de fragile au fond de mon être. Le cordon ombilical de la magie.». Cette phrase, magnifiquement paradoxale pourrait être une des morales de cette nouvelle. Le psychologue est un vieux renard qui grâce à sa voix douce, amadoue l'enfant pour mieux sortir son rasoir et lui couper la gorge. La raison elle est comparée à un rasoir, une chose mauvaise et dangereuse. Par opposition, la magie elle est comparée à un cordon ombilical, quelque chose d'essentiel à la vie, qui rejoint le réel et l'irréel en un tout.

La fin de Cross-Road est plutôt inattendue quoique logique. On retrouve Morgan en vieillard, il aperçoit un jeune homme qui lui rappelle Christian, il fume un joint et porte un lapin sur l'épaule, caché par ses cheveux, il disparaît dans une boutique de tatouages, Morgan « adultisé » n'ose pas aller le voir et se retranche une nouvelle fois derrière le mur d'enceinte de la raison « ce ne peut pas être possible ». Ainsi, plus tard, sa curiosité le titillant, il se décide tout de même à y aller mais le rêve est éphémère, et tout a disparu. La boutique de tatouages est condamnée. Petit clin d'½il de l'auteur pour nous dire que même dans la plus banale routine du quotidien, l'irréel, l'imaginaire et le magique sont toujours présents, il suffit d'ouvrir les yeux et un peu plus que les yeux pour le voir et saisir sa chance quand elle se présente.

Et enfin, notre narrateur ouvre son c½ur et saisi sa chance, il retrouve miraculeusement la sphère rouge, l'empoigne et va à la rencontre de son village, de la route, de son enfance, du monde magique et de son destin. Il part donc. (Petite remarque: au début comme à la fin, il neige à nouvelle apparition de l'imaginaire de la blancheur).

En chemin il rencontre deux enfants discutant avec une belle femme toutes blanche au regard vert sur une route changeante. Inutile je pense à ce stade là, de vous spécifier laquelle... Ainsi il attends que lui et Christian disparaissent et s'adresse à la dame blanche qu'il prend en voiture... vers l'inconnu.

# Posté le mardi 19 août 2008 09:22

Modifié le samedi 23 août 2008 10:45

Portrait

Portrait
Un petit portrait de Sire Cédric, fait à la vite-fait... Mais bon, j'ai pas osé le retoucher.

# Posté le vendredi 22 août 2008 09:54

Portrait Chinois.

Portrait Chinois de Sire Cédric:


Si vous étiez un livre?: Le Royaume des Devins de Clive Barker.
Si vous étiez une phrase?: Chaque homme et chaque femme est une étoile.
Si vous étiez un mot?: Oui.
Si vous étiez un film?: Les prédateurs.
Si vous étiez un objet?: Un mannequin.
Si vous étiez un animal?: Un loup.
Si vous étiez une chanson?: Un Requiem.
Si vous étiez un sentiment?: La passion.
Si vous étiez une couleur?: Le bleu.
Si vous étiez une fin?: Une fin heureuse.

# Posté le samedi 23 août 2008 11:02

Une autre vision.

Parce que ce blog est celui de TOUS les lecteurs de Sire Cédric. Que cette critique est constructive et l'argumentation avec laquelle elle est menée, carrée et interessante. Ainsi donc je la poste car elle prête tout aussi à réfléxion.
Et encore merci à Sélénith pour son écriture fluide et sa langue bien pendue. C'est un régal à lire!



" Ensuite, pour la Couverture. Et bien, la beauté glacé qui est représenté par son teint froid, son air impassible, et qui paraît innacessible. Son regard droit est provocant. La provocation et l'innaccessibilité...Voilà deux raisons au côté érotique pour moi. "

Pour répondre à ce commentaire, je réitère mes propos; il n'y a RIEN d'érotique à cette illustration d'Andy Julia. Je ne sais si vous avez eu le temps de jeter un oeil sur son site, mais dans le genre clichés érotiques, je pense qu'il a fait mieux ;)
Je suis d'accord sur le fait que sa "beauté glacé" et son teint blanchâtre attribuent à cette jeune femme un aspect inaccessible mais en quoi pourrait-on dire que c'est érotique ? Je suis assez étonnée de cette conclusion trop facile, comment un visage pâle pourrait symboliser l'érotisme pur et dur ainsi soit il ?! Je repense à Pierrot, figure légendaire de ce jeune homme qui hurle à la mélancolie, il est souvent représenté le visage blanc, aussi pâle que l'astre d'argent et pourtant ! Cela ne lui donne en rien un air érotique.
J'avoue être un peu indignée par cette conclusion suivante que vous établissez : Visage Pâle -> Inaccessibilité -> Erotisme.
En quoi la beauté d'un visage féminin fait il référence à l'érotisme ?! Il ne faudrait pas confondre sensualité et érotisme. Ce n'est pas parce qu'une femme est belle qu'elle vend son corps au photographe assoiffé par cette recherche d'érotisme qui m'a tout l'air d'être la nouvelle tendance des jeunes, qu'ils soient goth ou autres.
Ensuite, je voudrais revenir au regard. Pour qu'il y ait justement regard, il faudrait y voir les yeux dans leur dualité la plus pure, or on n'y voit qu'un oeil étincelant, qui nous fixe de manière "droite", directe, je suis d'accord. En quoi, quelqu'un qui vous regarde sans baisser les yeux fait-il preuve de provocation ? Là encore, je ne comprends pas cette interprétation. Bien qu'elles soient toutes subjectives, il y a quand même des limites et des codes établis pour ne pas se perdre dans les méandres de l'Imaginaire. Non, pour moi ce regard est simplement l'expression de l'honnêteté, de la franchise. Le visage pâle de cette jeune femme au "Regard" chaleureux est certes, empreint de pureté, et pour moi, il serait plus évocateur d'un nouvel horizon pour Sire Cédric. Peut être l'auteur en choisissant ce cliché-là - précisément - d'Andy Julia a-t-il voulu nous dire "Vous n'aurez pas affaire à l'horreur de Déchirures" - dont la couverture était très sombre - mais bien "Ce recueil de nouvelles sera quelque peu différent de mes précédents écrits, quelque chose de plus pure, de plus blanc et doux peut être a frappé ma plume maladive" ? Et ce "regard droit" dont je distingue là toute la franchise semble être le reflet de ce Sire Cédric qui se met à nu dans son nouvel ouvrage qu'il qualifie lui même de plus "personnel".

En ce qui concerne la nouvelle " Muse ", le lecteur exprimait qu'elle était pour lui, le reflet d'une passion excessive qui ne pourrait perdurer. Là je réponds que l'âge des passions maudites, où le coeur ravagé de tourments s'enflamme à l'excès dans une danse infernale entre amour et désespoir est bel et bien passé. Ce fut le Mal du Siècle, l'ère désuète des Romantiques qui ont su frappé leurs lecteurs du XIXème et ceux d'aujourd'hui encore... Bien sûr, il est possible de reprendre cette thématique de l'amour fusion, amour excessif, je suis moi même la première à utiliser ce thème récurent au XIXème sicèle pour mes écrits. Cependant, je ne pense pas que De Nerval ou bien Lamartine aurait osé profaner le corps de leur Bien-aimée. Au contraire, ils en seraient mort de chagrin ! Je trouve les violences physiques, sexuelles trop gratuites à mon sens dans cette nouvelle. Je pousserai même ma critique jusqu'à un point : par ces ébats soi-disant "amoureux" où sexe et sang s'entremêlent, une mauvaise image du fétichisme est véhiculée. Le fétichisme ne respire pas qu'à travers le sexe et heureusement encore ! Non, le fétichisme est un phénomène bien plus profond et poussé que ça. Je ne m'étendrais pas la dessus car là n'est pas le sujet mais je souhaitais seulement dire qu'en plus d'agir gratuitement, les personnages donnent une vision erronée d'un phénomène de plus en plus croissant dans notre Bonne Société Française !!! Je n'ai rien contre les écrits traitant de sexe et de sang, ne croyez tout de même pas que je suis puritaine au point de rétablir les tabous déjà bien ensevelis par l'ère chrétienne ! Au contraire, je serai plus dans l'optique de lever ses tabous mais cela ne va pas sans manière de faire. La manière directe et offensante de dire les choses dans "Muse" m'irrite à un point ! Plus aucun respect du corps féminin, où est passé l'admiration ?! La pureté des sentiments semble avoir été absorbée par une envie plus forte encore : le désir de posséder l'autre. Le fétichisme et le SM avec leurs grand airs de Dames Dominatrices de Mâles Transsexuels me gavent un peu en ce moment... Peut être parce que ces thèmes sont redondants, qu'on retrouve toujours les mêmes scénarios sur le Web. Je voudrais aussi évoquer le fait que la volonté de posséder et ainsi d'avoir tout droit sur le corps d'autrui est une chose assez grave puisqu'elle relève d'un trouble psychologique profond chez l'individu. Cela s'appelle tout simplement la Perversion qui est l'une des principales maladies psychiques que Freud distinguait parmi les troubles de l'Inconscient. Le phénomène de domination/soumission va à l'encontre de ces concepts que prône de plus en plus la jeunesse de gauche en France : l'égalité et la liberté. Il est bien évident que les personnages dans "Muse" ne se situent pas à la même échelle puisque l'un domine l'autre et inversement. Même si chacun à son tour blesse l'autre, il y a quand même la violation d'un concept auquel je suis plus qu'attaché : le Respect de l'Autre. Encore se faire du mal soi même comme la jeune suicidée qui s'ouvre les veines et rejoint son Ange du Suicide, cela la regarde, elle fait ce qu'elle veut avec son propre corps bien que j'ai également trouvé cette nouvelle infecte, puisque d'une certaine manière, c'est encore l'ascension du pouvoir qui siège sur cette nouvelle, le moyen même de devenir Puissant ( la jeune suicidée devient à son tour l'Ange du Suicide qui baise à tord et à travers toutes les pauvres âmes qui montent dans une sorte de paradis macabre ) serait de se suicider puis de détruire cet Ange du Suicide. Je trouve que cela pourrait donner de mauvaises idées à certains jeunes qui pourraient bien vite tomber dans le fanatisme. Je ne dis pas non plus que cela devrait être censuré mais juste que je ne comprendrais sûrement jamais comment des auteurs comme Sire Cédric, à la plume si belle et poétique, puisse faire passer d'aussi affreux messages aux lecteurs ! Je trouve ça vraiment dommage d'user de son talent ainsi, mais il faut bien se dire que puisqu'il n'est pas censuré et au contraire édité aisément, c'est bien parce que le publie aime... [ Aveuglement ?! ] Et je vous demande à vous, puisque vous semblez avoir tant apprécié ces nouvelles que je qualifie d'infectes, ce que vous pensez plus précisément de ce recueil " DreamWorld", qu'est ce qui vous a plu ? Pourquoi cela vous plait-il ?
J'aimerais vraiment avoir un avis différent du mien. Ce qui m'intéresse n'est pas franchement la couverture du livre mais plutôt son contenu. Je suis sure que Sabrya voudra bien m'éclairer car pour l'instant je ne vois pas vraiment en quoi "Muse" et compagnie sont intéressantes.

PS : En me relisant, je trouve ma critique bien virulente [ j'ai la langue très pendue et ma main ne se fatigue jamais beaucoup lorsqu'il s'agit de débattre sur des oeuvres littéraires ;) ] et m'excuse de suite si vous avez pu être offensé, je sais très bien que ce n'est pas agréable de recevoir de tels avis surtout lorsqu'on idole le travail de quelqu'un. Moi même je n'échappe pas à ce phénomène mais je tiens à préciser qu'il n'y a là aucune insulte, juste l'avis d'un lecteur qui tente d'expliquer sa déception.
N'y voyez rien d'autre.

Sélénith
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# Posté le mercredi 03 septembre 2008 10:44

Modifié le mardi 27 janvier 2009 14:55